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Le Dauphiné : « C’est pas comme ça qu’on gère une frontière »


samedi 16 décembre 2017


Les migrants qui tentent le passage de la frontière, la forte présence des autorités, des habitants qui s’organisent pour accueillir les réfugiés. La Clarée vit à ce rythme, où le col de l’Échelle est l’objet de toutes les attentions. Tout cela, Cédric Herrou, agriculteur de la vallée de la Roya, entre Alpes-Maritimes et Italie, l’a connu. Un combat qui l’a mené tant en garde à vue que devant le tribunal.

Les migrants qui tentent le passage de la frontière, la forte présence des autorités, des habitants qui s’organisent pour accueillir les réfugiés. La Clarée vit à ce rythme, où le col de l’Échelle est l’objet de toutes les attentions. Tout cela, Cédric Herrou, agriculteur de la vallée de la Roya, entre Alpes-Maritimes et Italie, l’a connu. Un combat qui l’a mené tant en garde à vue que devant le tribunal.

Comment percevez-vous la situation briançonnaise ?

Il y a de grosses ressemblances entre ici et la vallée de la Roya. Nous venons partager notre expérience. Briançon, c’est plus montagneux, plus dangereux, surtout en hiver : ce sont des risques plus graves. Si on bloque un endroit, les gens vont se mettre en danger ailleurs. Pour moi, ce n’est pas comme ça qu’on gère une frontière. Je ne vois pas où est le bon sens là-dedans.

Les associations évoquent la crainte d’avoir des Alpes comme une deuxième Méditerranée.

On est sur des risques de vie et de mort, on va au drame. L’État ne doit pas fermer les yeux là-dessus, on ne peut pas laisser mourir les gens pour aller en France. Il faut de la décence de la part de l’État sur la situation : les premières victimes, ce sont les migrants. Les faire souffrir, pour qu’il n’y ait pas d’appel d’air, c’est grave.

Quelle est cette expérience que vous souhaitez apporter ?

On va tenter d’apporter un point de vue juridique et échanger sur le vécu, trouver des solutions à plusieurs, tisser des liens. Je suis passé devant les tribunaux et la notion de personne en situation irrégulière n’est pas si simple, il y a eu beaucoup d’abus des juges et policiers. Aider un demandeur d’asile n’est pas punissable, mais une personne en situation irrégulière oui. Mais pour que le demandeur d’asile puisse se régulariser, il faut l’aider à un moment ! C’est ça qu’il faut travailler. On a eu des avancées dans la Roya et la condamnation du préfet.

Quels problèmes identifiez-vous aux frontières ?

L‘état d’urgence a foutu le bazar. Normalement, une frontière c’est une ligne, pas une bande de 20 kilomètres. Ça crée un trouble à l’ordre public, une zone de “no man’s land”. Le gros problème, ce sont les accords de Dublin III. La logique des préfets, c’est de se dire que ça ne sert à rien de les laisser passer, puisque de toute façon ils retourneront en Italie. Mais en Italie, ils se retrouvent quand même à la rue et dorment dehors, car l’Italie avec la Grèce doivent gérer toute l’arrivée en Europe.

Par Guillaume FAURE

http://www.ledauphine.com/hautes-alpes/2017/12/16/c-est-pas-comme-ca-qu-on-gere-une-frontiere

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